Pour 1700 yen (à peu près 12 euros) par bagage, j'ai confié vers midi toutes nos affaires emportées avec nous à un prestataire, qui, depuis Narita (à 70km de la ville de Tokyo), s'engageait à me les livrer le soir même à notre nouveau chez-nous. Arrivés au comptoir avec les bagages sur un chariot, nous n'avons même pas eu à les déposer, un employé a fait le tour du comptoir et est venu prendre les bagages, sans nous laisser l'aider...

Surpris du prix et du délai et soulagés de quelques dizaines de kilos, c'est les mains libres que nous avons pris le train pour Tokyo. "Il faut que je leur dise que le service c'est pas rien au Japon..."

Le soir venu, les bagages ont fait leur apparition comme par magie à la porte de notre appartement. Quelques semaines plus tard, c'est pour à peine plus (2800 yen, 20 euros) que le même transporteur nous a livré des cantines métalliques faisant près de 60 kilos chacune... Chapeau !

De fait, il est courant au Japon de faire voyager ses bagages séparément de chez soi à l'aéroport et vice-versa. Ca évite de prendre les transports en commun chargé comme un mulet, et le voyage commence et se termine beaucoup plus agréablement et sans stress...

Depuis ceci, nous avons pu tester à peu près tous les moyens de transport disponibles pour les objets inanimés. Laissez-moi vous les décrire...

Se faire livrer ses courses : quand on n'a pas de voiture, faire des courses pour une famille de quatre personnes se finit généralement avec un nombre de sacs supérieur au nombre de mains disponibles pour les porter, à moins de faire des courses tous les jours. Pas de problème : si vous faites vos courses le matin, il suffira de donner votre adresse à la caissière pour que toutes vos courses soient rangées dans des cartons et livrées l'après-midi chez vous, gratuitement.

Se faire livrer ses achats : vous vous baladez à Shibuya en famille, tombez (presque) par hasard sur Tokyu Hands, et une heure après vous avez trouvé et acheté un peu de vaisselle pour compléter l'équipement sommaire de l'appart-hôtel... Assiettes, verres, que des choses fragiles, encombrantes et lourdes... Confiant, je demande si je peux me les faire livrer. Oui, pas de problème. Ah, mais ça va me coûter combien la livraison ? 300 yen Monsieur, vous prenez ? OUI ! A deux euros la livraison, emballage de protection parfait etc., nous avons évité de devoir interrompre notre balade pour rentrer à la maison avec toutes ces choses fragiles... Ce qui nous a permis de terminer la journée dans mon restau de sushi habituel de Shibuya, simple et bon, accueillis avec le sourire par le chef qui m'a reconnu, 6 ans après mon dernier passage chez eux...
Nous avons rencontré d'autres cas où la livraison était plus chère, notamment lorsque nous avons fait des courses loin de chez nous, mais ça n'a jamais dépassé les 10 euros.

Que faire des cartons d'emballage quand tu reçois des meubles ? La question ne se pose pas au Japon : quand on te livre une télé ou un lit par exemple, le livreur pose la marchandise sur le palier, la déballe, l'installe dans la pièce que tu lui indiques et repart avec les emballages. Si tu as une ancienne télé dont tu veux te débarrasser en même temps, il suffit de l'indiquer avant, et le livreur repartira aussi avec ton ancienne télé. Où vont toutes les vieilles télés encore en état de marche ainsi récupérées ?

Déménager à la hussarde : n'ayant finalement pas tant d'affaires que ça, une fois notre logement définitif trouvé à moins de deux kilomètres de notre appart-hôtel, nous avons hésité entre un déménageur et transporter à pied nos malles... Bilan : le déménageur, c'est trop cher, et à pied ça va être galère...

Solution : Akabo ! Akabo, c'est un réseau national de petites camionnettes minuscules, rouges, qui vous transportent d'un endroit à un autre ce que vous voulez. Une sorte de taxi pour vos bagages, meubles, etc, tant que ça ne dépasse pas 350 kilos. Chaque camionnette est auto-gérée, son chauffeur étant propriétaire de son affaire et juste affilié au réseau Akabo. Ambiance populaire garantie... Le chauffeur te tutoie (enfin, l'équivalent japonais du tutoiement) et il te met à contribution pour amener les malles à la camionnette. Sympa et pas cher.

Bien sûr, dans ce cas tu n'as pas la totalité de l'immeuble enveloppé de la tête aux pieds de protections pour ne pas abîmer les murs, l'ascenseur, le sol comme le font les déménageurs japonais. Du coup, on y va discrètement, espérant ne pas rencontrer le propriétaire... Faire connaissance avec son propriétaire lorsqu'on est entrain de déménager avec un Akabo dans son bel immeuble, c'est pas un début très classe !

Nous n'avons vu personne ce soir-là, et avons pu faire connaissance avec les voisins et le propriétaire (voisin aussi) un peu plus tard en y mettant les formes, à la japonaise avec un petit cadeau simple mais soigné (en général un objet servant dans la vie quotidienne, savon, lessive... dans notre cas, ce furent des sels de bain aromatisés).

Voilà donc un aperçu des moyens de transport (pour les objets) disponibles au Japon...

Conclusion : c'est rapide, pratique et c'est pas cher !

Conclusion de la conclusion : si les services comme le transport de marchandises sont aussi développés au Japon, c'est grâce à une main d'oeuvre peu payée (pouur ce type de travail) et néanmoins efficace et professionnelle. On retrouve ici une des raisons du faible taux de chômage au Japon : la multiplication des "petits boulots". Pour les entreprises en général, cette culture du service signfie aussi ques les attentes des clients en termes de qualité des prestations sont élevées. Comment apporter une prestation de qualité à ses clients tout en restant compétitif et rentable ?

Vous avez la solution ? Ca m'intéresse, dites-moi tout !