Vous avez peut-être cru au début à de longues vacances d'été sans internet, puis vous avez peut-être pensé que j'avais abandonné ce blog, le laissant, en l'état, recevoir ses visiteurs de pages uniques en provenance de google...

La vérité est quelque part entre les deux. Je n'ai pas eu l'intention d'abandonner ce blog (et ce n'est pas prévu), mais je me suis retrouvé à la rentrée en septembre avec le syndrome de la page blanche, ne sachant plus très bien ce que je devais écrire, ne sachant pas si ça vous plairait, si ça en valait la peine, ce que vous attendiez de moi (si tant est que vous puissiez attendre quelque chose de moi).

Bref, au bout de trois mois, après y avoir pensé bien des fois sans passer à l'acte, je me suis retrouvé aujourd'hui connecté à mon Dotclear préféré sans l'avoir vraiment prémédité, mais tellement heureux de retrouver cette interface familière.

Ai-je de nouvelles choses à vous raconter ? Oui et non ! La difficulté n'est pas de trouver des sujets sur lesquels j'aime disserter, elle se trouve plutôt dans une question simple : ce que je vais dire va-t-il être intéressant pour un autre, ou bien vais-je écrire pour mon plaisir personnel des choses qui n'intéressent personne ? Partant du principe que j'essaie d'écrire pour vous, lecteurs, et qu'à ce titre mon blog n'a rien (dans l'esprit) d'un "carnet intime", je me suis heurté plus d'une fois à ce mur, éliminant de moi-même (peut-être hâtivement) tant de billets avant même de les avoir écrits.

Le fait est qu'en ce moment, certaines circonstances font que mes pensées sont tournées vers le Japon. Mais le Japon étant tout à la fois paradoxal et cohérent, je sens que tout ce que je pourrais écrire au sujet du Japon ne sera que parti pris et généralisation abusive.

Après avoir vécu au Japon dix ans (en deux fois), la complexité de la société japonaise telle que je la perçois est certainement due à une expérience vécue sans analyse. En vivant au Japon, j'ai l'impression que je n'ai pas cherché à comprendre le Japon, mais à le vivre tout simplement, sans me poser de questions. Je me retrouve de fait maintenant avec des souvenirs et des opinions sur le Japon qui me semblent creuses et sans bases solides. J'envie quelqu'un comme Jean-François Sabouret qui pendant 30 ans a consacré sa vie à vivre ET comprendre le Japon (j'ai d'ailleurs commandé son dernier livre, "Besoin de Japon", que j'attends avec impatience).

Si je retournais au Japon, saurais-je "mettre en forme" ce que je vivrais pour en parler avec l'aisance de celui qui sait ? Et puis une telle démarche est-elle vraiment utile ou suffit-il de "sentir" les choses ?

J'en appelle à ceux qui vivent actuellement au Japon et qui peuvent avoir (ne serais-ce que parce qu'à l'occasion de retours au pays, ils sont assaillis de questions sur le Japon) envie de comprendre et expliquer le Japon à d'autres. Avez-vous une démarche proactive pour cela, ou laissez-vous les choses venir à vous ? Dites-moi tout...